"Les membres des conseils de quartiers et du comité des fêtes ont permis de valoriser le caractère vivant de notre commune "
Lionel SENTENAC
Les Jeunes Actifs: MR Lionel
SENTENAC, depuis quelques années nous constatons une hausse de la fréquentation des
événements festifs par les Brunoyens, partagez-vous cette constatation ?
Lionel SENTENAC : En effet, nous
constatons avec satisfaction, un intérêt grandissant pour les événements
festifs.
A
cela j’ai quelques explications:
Je
considère qu’un événement pour qu’il plaise, doit avoir en son origine, un objectif et un sens. C’est en terme de projet qu’est réalisé un événement festif à BRUNOY.
Il
ne doit sa réussite, tant sur le plan qualitatif que participatif, qu’après un long travail en amont, trop souvent invisible et pourtant si
important….
C’est tout au long de la préparation que naissent ces moments de
concertation qui créent du lien et de l’entraide,
qui rassemblent différents acteurs de divers
horizons, et qui renforcent la solidarité de proximité avec les partenaires
(générations différentes, associations, quartiers).
C'est en
permettant ces rencontres riches que les fêtes à Brunoy prennent tout leur sens.
Une
fois son objet du projet travaillé, la concertation fixe les modalités techniques et les
modalités de réalisation. Une veille politique est toujours
présente afin de garder le sens et
l’objet de la fête. Il ne faut pas non plus sous évaluer cette étape car c’est le
choix qui sera visible par le public. En quelque sorte, c’est le final, le livrable pour le jour J et c’est ce que le public bien souvent retiendra.
LJA : On associe souvent l’animation au
maintien du lien social. Qu’en pensez-vous ?
LS: Les animations festives, la fête telle qu’elle est
définie par les ethnologues renvoie au temps : elle est un temps hors du
temps (celui de la quotidienneté). Elle nous fait également prendre conscience
du temps, entretenant une mémoire de celui-ci, tout en célébrant le temps qui
passe, c’est la raison pour laquelle la fête évoque bien souvent à la fois la vie et la mort
(Halloween, Noël, Carnaval). Elle renvoie enfin au temps individuel et social, lequel définit de fait des cycles de fêtes : cycle de la vie
individuelle : naissance, mariage etc…, cycle de l’histoire : fêtes
de commémoration, d’un personnage ou d’un événement parfois mythique. Les deux
derniers types de fêtes se retrouvent sur le même calendrier avec des
célébrations qui deviennent très nombreuses après le solstice d’hiver et
surtout après l’équinoxe de printemps.
Le temps de la fête lui-même n’est pas
continu, des fêtes ont disparu puis ressurgi, de nouvelles fêtes apparaissent,
d’autres s’éteignent. Il faut le temps d’une génération pour qu’une fête
s’inscrive dans la mémoire collective. Et il suffit parfois d’en reprendre
l’idée pour que l’interruption soit oubliée (il en est ainsi pour le carnaval
de Brunoy ou même réveillon de la saint sylvestre, troc et puces du Sauvageon).A
Brunoy, autant d’animations et fêtes sont d’origine ancienne que nouvelle.
La
cohésion sociale bien que recherchée n’est pas toujours assurée parfaitement,
je m’explique : dans la mesure où certaines catégories de la population
s’excluent elles mêmes de la fête. Ainsi les festivals et autres expositions,
qui dans une certaine mesure, sont une forme contemporaine de la fête ne
peuvent être facteur de cohésion sociale puisqu'ils s’adressent toujours à un
type de population. Vous me
direz : « Il y en a pour
tous »!
Mais
pour les grands événements festifs de Brunoy, à même de rassembler, lesquels
assurent la vision de l’autre, dans sa différence. Ils sont bien facteur de
lien social parfois de cohésion sociale, en particulier dans le cas des fêtes
publiques qui se sont développées durant ce dernier mandat.
LJA : Comment envisagez-vous l’avenir des conseils
de quartiers et de l’animation festive de Brunoy, notamment à travers le comité
des fêtes ?
LS: Le
comité des fêtes a permis a travers son fonctionnement, d’y intégrer des
membres issu des conseils de quartiers. C’est bien la volonté de cohésion sociale
des quartiers qui est l’origine de ce fonctionnement, nous l’avons envisagé
dans cet objectif.
Toute
l’animation festive à Brunoy n’est pas pilotée
par le Comité des Fêtes, il est un outil qui permet :
- L’aide aux
initiatives et réalisations associative
- La Coordination
de plusieurs partenaires de la ville
- Les Propositions
et réflexions sur les manifestations festives issu des quartiers
Le
Comité des Fêtes doit être attentif aux propositions des quartiers car les fêtes s’inscrivent
souvent dans l’espace urbain de la ville. Elles ont lieu dans les quartiers nord,
Sud et en centre ville avec pour chacun des spécificités particulières.
Elles
diffèrent également par la fréquentation de Brunoyens qu’elles suscitent, c’est
l’effet de foule et de concentration. Là encore l’évolution durant ce mandat
est significative. La fête, par le rassemblement qu’elle provoque, par la
sélection de lieux qu’elle établit, est le reflet à la fois d’une volonté municipale
et d’un rapport particulier entre population et espace urbain,ce qui suscite
adhésion et sentiment identitaire.
Cette
mise en spectacle est liée à la volonté de la municipalité de valoriser le caractère vivant de la Ville. Durant les manifestations
festives on retrouve l’exaltation des fondations, la vie de la rue, la rumeur
qui contribue à nous assurer que la ville continue d’exister. La ville retrouve
de la lisibilité, permettant ainsi aux Brunoyens de mêler des individus d’origines
différentes.
LJA : Un de vos collègues de la Municipalité a
proposé qu’on élise les représentant des conseils de quartier par les habitants
. Qu’en pensez-vous.?
LS: Pour
être membres du conseil de quartier, il suffit d’en faire la demande au Maire.
De là, le candidat est nommé officiellement. Au cours de ce mandat, aucune candidature n’a été ajournée.
Lors
de la naissance des conseils de quartier en 2002, la participation des membres
était limitée. Au sein de chaque conseil de quartier, nous élisions les
représentants, et suppléants.
Je
sais combien une élection est difficile à organiser avec les habitants, et je pose la question suivante :est-elle vraiment nécessaire ?
L’expérience
a montré qu’il ne s’agit pas de constituer des conseils municipaux bis qui ne
pourraient fonctionner comme ce
dernier….
Cependant,
nous devons dans un objectif d’amélioration porter notre réflexion sur une
évolution du fonctionnement de ce dernier.

















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